MEDIAPART : PATRICK BALKANY MAIRE DE LEVALLOIS DOIT 123 000 € A LA VILLE

Publié le par BALKALAND.FR

MEDIAPART : PATRICK BALKANY MAIRE DE LEVALLOIS DOIT 123 000 € A LA VILLE
 
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  Nouvelle investigation  de Médiapart sur le Député-Maire de Levallois : Patrick BALKANY.
 
A la fin des années 1990, le maire de Levallois-Perret,  Patrick Balkany, a été condamné pour prise illégaled’intérêts. Quinze ans après, a-t-il payé sa dette à lacollectivité ? Au sens propre, la réponse est non. Alors que la justice l’avait condamné à restituer plus de 520.000 euros à la ville de Levallois-Perret, PatrickBalkany n’a toujours pas terminé de régler son passif.D’après les informations recueillies par Mediapart,l’édile UMP doit encore rembourser quelque 120.000 euros à la trésorerie de sa propre municipalité – unedette que le ministère des Finances est aujourd’hui chargée de recouvrer.
 
En attendant, monsieur le Maire n’a même plus le droit d’«ordonner » la moindre dépense dans sa ville : il a été contraint en 2008 de déléguer ce pouvoir-clef à son épouse et première adjointe, Isabelle Balkany, par l’intermédiaire d’une délibération ad hoc en conseil municipal. Une situation ubuesque.  L’histoire remonte à 1996 : tout juste battu aux
municipales, le balladurien est condamné au pénal à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité, pour avoir utilisé trois agents municipaux à ses domiciles privés pendant son mandat – l’un servait de jardinier, l’autre de gouvernante, le troisième d'homme à tout faire.
 
En 1999, le parquet de la chambre régionale des comptes en a tiré toutes les conséquences financières : 45 734 euros d’amende (pour « gestion de fait ») et surtout 523 897 euros à rembourser à Levallois (l’équivalent des salaires). Sans compter les intérêts de cette dette, qui vont gonfler au fil des années pour atteindre 230 000 euros en 2007.
Aujourd’hui, pour obtenir des informations chiffrées  sur l’apurement de sa dette, il faut batailler. Lorsqu’il est interrogé par l’opposition locale, Patrick Balkany fait le cachotier. « Quand le groupe socialiste a voulu écrire en octobre 2012, pour le journal municipal, que le maire avait encore un certain montant à rembourser, son directeur de cabinet nous a menacés de poursuite en diffamation », raconte Anne- Eugénie Faure, conseillère PS. Faute d’information, les chiffres n’étaient pas les bons. Les socialistes ont dû reformuler, et se contenter de poser la question : « Où en est-il du remboursement ? »  Début janvier, quand Mediapart a sollicité à son tour l’intéressé, le même directeur de cabinet nous a rappelés : « On n’a rien à cacher, mais on n’a pas envie de vous aider », a balayé Nicolas Gigon par téléphone.
 
Patrick Balkany s’est seulement résolu à nous répondre le 16 janvier, quelques heures après avoir été informé que la chambre régionale des comptes venait de nous confirmer la persistance de sa dette à l’égard de Levallois-Perret.
« On s’en doutait, réagit Catherine Le Guernec, conseillère municipale socialiste, par ailleurs présidente de l’association anticorruption Anticor. Mais chaque fois qu’on l’interrogeait sur le sujet, il bottait en touche, il nous engueulait. » « C’est inadmissible pour un maire d’être le débiteur de sa ville !, dénonce aussi Anne-Eugénie Faure.
 
Surtout que Levallois est dans une situation financière délicate, en tête du classement des villes les plus endettées de France (ndlr : quand on rapporte les chiffres au nombre d’habitants). » Son collègue « divers-droite » Loïc Leprince-Ringuet, qui s’est présenté contre Patrick Balkany aux dernières législatives, se désole aussi : « Les autorités publiques savent redresser des particuliers pour quelques euros et recouvrer jusqu’au dernier centime, pointe-t-il. Mais là, je les trouve très larges avec le maire. »
Et de s’indigner : « On doit être l’une des seules grosses villes de France où le maire n’a pas le droit d’ordonner les dépenses ! » Les époux Balkany, qui ont encore passé les vacances de Noël dans un riad de Marrakech, n’auraient-ils pas les moyens de payer comptant ? Dans un article d’avril 2011, Le Canard enchaîné affirmait pourtant qu’ils étaient propriétaires « d’un splendide domaine à Giverny » (un ancien moulin), ainsi que « d’une propriété d’un hectare dans l’île antillaise de Saint-Martin ».
En fait, Patrick Balkany a usé de toutes les voies de recours possibles pour tenter d’échapper au règlement de sa dette. Judiciaires d’abord : il a contesté le jugement de la chambre régionale des comptes d’Ilede- France devant la Cour des comptes, puis le conseil d’Etat. Définitivement débouté en 2005, il a finalement été contraint de régler le « capital » de sa dette en 2006. Restaient les intérêts, soit 230 000 euros.
Culotté, l’édile a déposé en 2007 un recours (avec l’accord de sa majorité municipale) auprès du ministre des Finances lui-même, Thierry Breton, sollicitant une remise « gracieuse » -en clair un rabais, sinon l’effacement des intérêts de sa dette.
Pendant quatre ans, plusieurs ministres se sont repassé la patate chaude, jusqu’à ce que François Baroin, en juin 2011, rejette enfin la requête de Patrick Balkany, ami de trente ans du Président de la République. « J’ai immédiatement fait verser la somme de 63 684,43 euros et demandé des délais de paiement pour le solde », nous écrit Patrick Balkany. Ces délais « ont été accordés par Monsieur le Directeur des Créances Spéciales du Trésor (ndlr : chargé du recouvrement), qui a accepté un échéancier mis en oeuvre le 1er octobre 2011. »
 
Sollicitée, la direction en question n’a pas souhaité confirmer ni infirmer. Et le maire d’ajouter qu’il respecte depuis « scrupuleusement l’échéancier du Trésor. » Au cas où nous aurions des doutes ?
PAR MATHILDE MATHIEU ET LOUISE FESSARD
 
ARTICLE PUBLIÉ LE JEUDI 17 JANVIER 2013


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