BALKANY : UNE FORTUNE DANS LES PARADIS FISCAUX !

Publié le par BALKALAND.FR

BALKANY : UNE FORTUNE DANS LES PARADIS FISCAUX !

C'est le site Médiapart qui reprend l'historique des transactions financières des Balkany vers les Paradis Fiscaux !

 

 

 

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  • L’heure de la vengeance a sonné pour Didier Schuller.L’ancien élu des Hauts-de-Seine, qui avait porté bien
  • seul le chapeau judiciaire dans l’affaire des HLM 92,n’est pas venu les mains vides, mercredi 23 octobre,
  • dans le cabinet des juges anti-corruption Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire.
  • Didier Schuller a été condamné dans l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine. Pas Patrick Balkany... © dr
  • À l’origine, l’ancien conseiller général de Clichyla-Garenne, où il se présente pour les prochaines
  • élections municipales, était entendu sur desconfidences du marchand d’armes Ziad Takieddine
  • dont il a dit, dans le livre French Corruption (Stock),avoir été le destinataire concernant le financement de
  • la campagne d’Édouard Balladur en 1995.
  • Mais n’étant qu’un témoin très indirect dans ce dossier, c’est sur une toute autre affaire que Didier
  • Schuller a apporté aux juges des éléments probants,sous la forme de documents bancaires, traces de
  • versements et rapports de police édifiants, queMediapart publie en intégralité (voir page 2 de cet
  • article). Tous portent sur les montages offshore et la fortune en Suisse, au Liechtenstein ou à Saint-Martin,de l’actuel maire et député de Levallois-Perret, Patrick Balkany (UMP).
  • Président de l’Office des HLM des Hauts-de-Seine quand Didier Schuller en était le directeur général
  • (1988-1995), Patrick Balkany, un intime de l’ancien président Nicolas Sarkozy, est aujourd’hui — et plus
  • que jamais — dans le viseur de son ancien complice.
  • Intime de l'ancien président Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany est maire et député de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) © Reuters Didier Schuller, qui a connu la prison et le bracelet électronique après avoir été condamné en 2005 puis en 2007 en appel, contrairement à Patrick Balkany, relaxé, n’a pas caché sa rancune devant les magistrats : « J’ai payé ma dette, je constate aujourd’hui que le président de l’office des HLM de l’époque, M. Balkany, a été relaxé. Il s’en est bien mieux sorti que moi. Je n’ai aucun patrimoine si ce n’est qu’un quart d’appartement en indivision, ayant appartenu à ma mère », a-t-il dit sur procès-verbal.
  • « Par contre, a-t-il ajouté, M. Balkany, comme la presse le relate et comme semblent le confirmer les
  • documents que je vous ai remis en copie et qui étaient à la disposition de la justice, aurait à sa disopsition
  • un palaisà Marrakech, une résidence de luxe à Saint- Martin et l’usufruit du Moulin de Giverny ».
  • Il a terminé sa déposition d’une phrase assassine : « Je suis heureux de voir que ce que je pensais être
  • du financement politique a pu profiter à d’autres fins et sans doute personnelles ». Lui qui fut de tous les
  • secrets de Patrick Balkany dans les années 1980 et 90’ sait de quoi il parle. Au terme de l’audition, les
  • juges ont donc annexé quatre documents accablants pour l’actuel député et maire de Levallois, que leur a
  • remis le témoin. Fait surprenant : tous ces documents sont issus de la
  • procédure judiciaire sur l’affaire des HLM, vieille de quinze ans, mais, étrangement, n’ont pas provoqué la
  • mise en cause de Patrick Balkany sur les faits précis Directeur de la publication : Edwy Plenel
  • www.mediapart.fr 
  • qu’ils révèlent. « C’est extravagant ! Je n’ai jamais été interrogé dessus, ni à l’instruction, ni lors des
  • procès en première instance ou en appel, alors que c’était dans le dossier », s’étrangle aujourd’hui Didier
  • Schuller, interrogé par Mediapart. « C’est évident : Balkany, dont ces documents montrent qu’il a quand
  • même blanchi 33 millions de francs et qu’il possède un patrimoine caché, a été protégé », poursuit-il.
  • Nul ne sait, pour l’heure, quelles suites judiciaires vont donner les juges Van Ruymbeke et Le Loire à
  • cette remise de documents, qui s’avèrent totalement extérieurs à leur champ d’investigation sur les ventes
  • d’armes et la campagne Balladur. Contacté, le parquet de Paris dit n’exclure aucune hypothèse. D’autant
  • que se pose clairement la question de l’éventuel pérennité d’un tel système ou de sa transformation
  • grâce à d’autres montages, toujours au profit de PatrickBalkany, qui n’a pas donné suite à nos demandes
  • d’entretien.Des preuves deux fois entre les mains de lajustice...
  • Voici le détail des documents remis par DidierSchuller à la justice :
  • •1) UN RAPPORT DE POLICE DE 1998

Après une « série de vérifications bancaires », un

  • officier de police judiciaire résume en juin 1998 sestrouvailles, à l’intention du juge d’instruction Philippe
  • Vandingenen : une holding suisse baptisée “Supo”apparaît avoir versé en trois fois, sur le compte
  • bancaire parisien de Patrick Balkany, quelque 31,5millions de francs (soit 4,8 millions d’euros entre 1989
  • et 1991) pour acheter « près de 50% » de la société deprêt-à-porter familiale des Balkany, Laine et soie Réty.
  • Une drôle d’affaire pour Supo, puisque l’entreprised’habillement est « endettée à hauteur de 28 millions
  • d’euros » et ne vaut pas grand chose – ces actionsseront d’ailleurs revendues « un franc symbolique »quelques années plus tard. Conclusion de l’enquêteur :
  • cette belle opération commerciale « peut avoir servi à masquer le versement de fonds à M. Patrick Balkany,
  • alors président de l’Office départemental HLM du 92 ».
  • Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.
  • • 2) UN VERSEMENT DU LIECHTENSTEIN VERS LA SUISSE
  • Saisi par un magistrat suisse à la demande du juge Vandingenen, ce document inédit révèle un versement
  • de 11,025 millions de francs (soit 1,7 million d’euros), ordonné en 1991 par la société Lecaya basée au
  • Liechtenstein au profit de la société “Supo”, dans une banque suisse de Zurich. Celle-ci semble avoir ensuite
  • transféré l'argent sur le compte parisien de Patrick Balkany, dans le cadre du rachat de Laine et soie Réty.
  • Dans le livre French Corruption, Didier Schuller assure que « l’ayant-droit de Lecaya était… Patrick
  • Balkany ».« C’est par cette discrète société au Liechtenstein que transitaient les fonds issus des
  • marchés publics destinés à Patrick Balkany », affirmet- il. En clair, l’étrange vente des actions de Laine et
  • soie aurait permis à l’élu UMP de blanchir l’argent détourné sur les marchés publics du 9-2. De fait, ce
  • versement de 1991 doit bien bénéficier indirectement à Patrick Balkany, puisque le juge helvète qui a saisi
  • le document bancaire prend soin de lui communiquer la pièce (voir page 2).
  • Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.
  • • 3) UN RAPPORT DE POLICE DE 2001
  • En 2001, la police judiciaire s’est déplacée sur l’île antillaise de Saint-Martin, où Patrick Balkany a ses
  • habitudes. Et dans une synthèse destinée à la juge d’instruction Michèle Vaubaillon, jamais publiée,
  • l’officier rapporte que « Monsieur Balkany possède un compte bancaire dans la partie hollandaise de l’île
  • (…) qu’il utilise pour ses besoins personnels ». A-t-il jamais été déclaré au fisc français ? L’enquêteur estime
  • surtout que Patrick Balkany, officiellement locataire d'une villa avec piscine baptisée Maison du soleil, « est
  • dans les faits propriétaire ». Grâce à des informations préalablement recueillies sur une société « paravent »
  • liée à l'élu UMP, Atlas Finanz service, il se permet même « de supposer que M. Balkany est également
  • propriétaire » d'un second bien sur Saint-Martin, la villa Serena.
  • Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.
  • • 4) UN COMPTE EN SUISSE
  • Déjà publiée parLe Point, cette quatrième pièce atteste de l’ouverture d’un compte en Suisse par
  • Patrick Balkany, au sein de la banque ABN Amro, en juillet 1994. Dès lors, se pose la même question que
  • pour le compte à Saint-Martin : a-t-il bien été déclaré ? Dans le livre French Corruption, Didier Schuller croit
  • se souvenir qu’à un moment, « il y avait au moins 18 millions de francs, il me l’avait dit ».
  • Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.
  • Sollicité par Mediapart, Patrick Balkany n’a pas souhaité répondre à nos questions. Dans un
  • communiqué publié sur Twitter après les révélations du Point, il était tout de même revenu sur l’opération
  • concernant Laine et soie Réty, affirmant : « J’ai vendu à un investisseur suisse, en toute légalité, mes actions
  • de l’entreprise familiale de prêt à porter, à la fin des années 1980. Le produit de la vente de ces actions
  • a été intégralement transféré à l’époque au CCF de Levallois ».
  • Les autres affaires Balkany en cours Plus d’un an après le départ de son ami Nicolas
  • Sarkozy de l’Elysée, Patrick Balkany apparaît désormais de plus en plus cerné par la justice, qui
  • investigue en outre sur plusieurs affaires liées à son mandat de maire de Levallois-Perret.
  •  Le procureur de Nanterre, Robert Gelli, vient certes de classer sans suite l’enquête ouverte en 2012 sur
  • certaines dérives au sein de la police municipale, en particulier sur les écoutes illégales mises en place par
  • la ville à l’insu des agents — « la régularisation de la situation est intervenue », a bien voulu considérer le
  • parquet. Mais deux autres dossiers plus encombrants, explorés par la police judiciaire parisienne, ont de quoi
  • donner des sueurs froides à l’élu UMP. 
  • Dans le cadre d’une enquête préliminaire, les enquêteurs de la PJ s’intéressent en effet aux
  • chauffeurs du maire (des policiers municipaux pour la plupart), que Patrick Balkany a embarqués lors
  • de plusieurs vacances à Saint-Martin. Ils cherchent à savoir qui a payé leurs billets (de l’élu ou de la
  • municipalité), si les agents ont conduit sur place ou fait bronzette, s’ils ont voyagé sur leur temps de travail
  • (en clair aux frais de la collectivité) ou bien posé des vacances.
  • Début octobre, lors d’une visite surprise à la mairie de Levallois, les policiers ont ainsi saisi plusieurs
  • documents administratifs, plannings et feuilles de congés, susceptibles d’étayer — ou non — le scénario
  • d’une prise illégale d’intérêts. (Voir notre enquête ici)
  • Par ailleurs, comme l’a révélé Le Parisien le 17 octobre, une information judiciaire a été discrètement
  • ouverte en 2012 par le parquet de Paris, qui vise l’emploi présumé fictif d’un certain Jean Testanière,
  • recruté par la ville de 2006 à 2010, bizarrement injecté dans l’organigramme du Levallois Sporting Club en
  • 2009, avec pour mission officielle la préparation psychologique des athlètes du pôle olympique.
  • Surnommé « Le Mage » pour des dons supposés de guérisseur (dont il aurait fait profiter Isabelle
  • Balkany), Jean Testanière s’est surtout retrouvé accusé d’« abus de confiance » et d’« association de
  • malfaiteurs » au récent procès du cercle Wagram, cet établissement de jeux parisien lié au grand banditisme
  • corse.
  • Si l’instruction a été prudemment ouverte « contre X », elle menace aujourd'hui le maire, qui a défendu luimême
  • cette embauche devant son conseil municipal. 
  • Directeur de la publication : Edwy Plenel
  • www.mediapart.fr 4

Lionel FAUBEAU

 

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