Affaire UraMin : quand Balkany jouait les intermédiaires en Afrique

Publié le par BALKALAND.FR

Affaire UraMin : quand Balkany jouait les intermédiaires en Afrique

Patrick Balkany, député-maire (UMP) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a servi d’intermédiaire, en 2008, lors de l’achat par Areva des mines d’uranium africaines d’UraMin. Il nous livre sa version des faits.

 

                Matthieu Pelloli | Publié le 07.02.2012, 08h08

Dakar (Sénégal), le 26 juillet 2007. Patrick Balkany en visite à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar. Depuis quelques années, le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est un fin connaisseur de l’Afrique et de ses dirigeants.

Dakar (Sénégal), le 26 juillet 2007. Patrick Balkany en visite à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar. Depuis quelques années, le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est un fin connaisseur de l’Afrique et de ses dirigeants. | (LUDOVIC/REA.)

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De Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les mines d’uranium de Bakouma, en Centrafrique, peuvent sembler bien lointaines. C’est pourtant Patrick Balkany, député-maire (UMP) de la ville, qui a contribué à remettre sur les rails une affaire mal engagée. Une source proche de François Bozizé, le président centrafricain, affirme au « Parisien » - « Aujourd’hui en France » l’avoir vu sur place.

Le scandale de l’achat, par Areva en 2007, de la société Uramin n’en finit pas de révéler les rebondissements de son incroyable scénario.

 

Après le fiasco financier (près de 2 Mds€ partis en fumée), les revers industriels en Namibie (gisement à faible teneur), il apparaît que le groupe nucléaire a failli ne jamais obtenir la licence d’exploitation de son site de Bakouma, le gouvernement contestant le transfert des droits. Après plusieurs mois de tractations infructueuses entre Areva et les autorités, le dialogue est rompu. C’est à ce moment, en avril 2008, qu’intervient Patrick Balkany, qui remet les deux parties à la table des négociations. Le Foccart de Levallois — un surnom qu’il récuse — connaît bien le continent et personnellement plusieurs chefs d’Etat. Il a découvert l’Afrique au tournant des années 1990, dans le sillage de Charles Pasqua. Aujourd’hui, il n’y jouerait plus aucun rôle. « Patrick Balkany n’existe pas dans notre organigramme, insiste-t-on au Quai d’Orsay. La Françafrique, c’est terminé! »

Il y multiplie les escapades

Il reste que, « depuis 2007, l’ex-Pasqua boy sillonne l’Afrique avec pour tout viatique son statut, volontiers brandi, d’intime de Nicolas. Ce qui vaut bien davantage que le maroquin de ministre ou la dignité d’ambassadeur », insiste Vincent Hugeux, auteur de « l’Afrique en face »*. Le député-maire de Levallois multiplie les escapades, joue les touristes au Katanga chez son « ami » Georges Forrest, les intermédiaires pour Areva en Centrafrique chez son « ami » le président François Bozizé. Lequel l’invite, en 2010, pour lui remettre la médaille de commandeur dans l’ordre du Mérite. « Je suis un ami de l’Afrique », commente sobrement l’intéressé. Jean-François Probst, consultant international, reste sceptique : « Balkany est un money maker, il ne travaille pas uniquement pour la gloire de la France. »

(*) « L’Afrique en face. Dix clichés à l’épreuve des faits ». Editions Armand Colin, 2010, 192 p., 16 €.

Le Parisien

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