Isabelle Balkany en fond d’écran des affaires des Hauts-de-Seine

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Isabelle Balkany en fond d’écran des affaires des Hauts-de-Seine

L’élue UMP se retrouve exposée, notamment dans un dossier d’ordinateurs fantômes pour des collèges.

 

Isabelle Balkany et son ami Nicolas Sarkozy.

Isabelle Balkany et son ami Nicolas Sarkozy. (REUTERS)

«Elles sont où les écuries ? Qu’on nous les montre ! En tout cas moi, elles ne me concernent pas, bien que je monte très bien à cheval», s’exclame Isabelle Balkany. Pour l’élue des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, président du conseil général, «a dit une belle connerie» en juillet 2008 en se déclarant prêt à «nettoyer les écuries d’Augias» dans le 92. Et pourtant, l’épouse du député et maire de Levallois-Perret, amie intime du président de la République, reste l’élue la plus exposée par les procédures judiciaires ouvertes à Nanterre, pour certaines sous l’impulsion de Patrick Devedjian.

Trois dossiers, tous relatifs aux collèges du 92, responsabilité d’Isabelle Balkany au conseil général, se sont empilés sur le bureau du procureur de Nanterre, Philippe Courroye. Le plus récent porte sur la rénovation d’un collège à Issy-les-Moulineaux, les deux autres, nettement plus épineux, sont relatifs à l’informatisation des établissements - pour deux périodes distinctes. Ces derniers dossiers, ouverts pour des faits de corruption instruits par la juge Patricia Simon, ont conduit à la mise en examen de plusieurs directeurs au conseil général des Hauts-de-Seine (des systèmes d’information et des affaires scolaires) et… de Marie-Luce Borriello, ancienne secrétaire au cabinet du maire de Levallois, une proche d’Isabelle Balkany.

«Cerise». Vendredi, les services du procureur de Nanterre ont reçu le résultat de l’enquête préliminaire sur la rénovation du collège Henri-Matisse d’Issy-les-Moulineaux. Le parquet prévoit le renvoi, par citation directe devant le tribunal de quatre personnes pour infractions à la réglementation des marchés publics. «J’ai souhaité qu’on rénove ce collège, explique Isabelle Balkany. Fin 2000, j’ai présidé le jury, mais je n’ai pas été réélue en 2001. Par conséquent, je n’étais pas là au moment des travaux et j’ai seulement inauguré le collège rénové avec Nicolas [Sarkozy], quand il a été élu président du conseil général, en 2004. Je ne suis pas à la commission d’appel d’offres, je ne fais pas une visite de chantier, et cerise sur le gâteau, je ne suis pas élue quand les choses se passent. Je n’ai jamais vu une entreprise. Vous me voyez en train de surveiller tous les collèges ? Je ne suis pas Robocop non plus !» A ce stade de l’enquête, l’élue chargée des collèges ne serait pas concernée par le renvoi en correctionnelle des personnes impliquées. Elle est en revanche davantage sur la sellette pour les ordinateurs fantômes.

Entre 1995 et 2004, un prestataire de service, Z., qui disposait d’une quinzaine de sociétés, a faussement facturé du matériel pour plusieurs millions d’euros. «Quand il installait un réseau de dix ordinateurs sur un collège, il pouvait facturer dix réseaux, rapporte un avocat. Des sociétés de taxis reversaient de l’argent en espèces.» Parmi les cadres mis en cause, Marc B., directeur à l’informatique, a reversé sur son compte la somme d’1,7 million de francs, au centime près celle reçue en espèces des mains du prestataire. Il a facilement reconnu les faits… Contrairement à Marie-Luce Borriello, mise en examen pour complicité.

«Terre brûlée». «Mme Balkany avait demandé à Mme Boriello de travailler à la direction des affaires scolaires, explique son avocat, Me Grégoire Lafarge. Elle n’a passé aucun marché et n’a décidé de rien. On lui reproche des actes de complicité qui ne tiennent pas.» Marie-Luce Borriello a passé six ans au conseil général de 1995 à 2001, avant de revenir à la mairie de Levallois, au même moment qu’Isabelle Balkany. «Pour ce que j’en sais, il y a des agents du département qui ont commis des indélicatesses, déclare Isabelle Balkany. J’ai vu la juge en qualité de témoin et je lui ai dit que je ne connaissais pas ces gens. Et Marie-Luce Borriello ne m’a jamais parlé des gens qu’elle voyait. Ma position a été de dire qu’il était judicieux d’informatiser les collèges. Après, je n’achète pas et je ne livre pas des ordinateurs.»

«Il y a eu une politique de la terre brûlée dans cette affaire, explique l’avocat d’un des prévenus. A chaque fois qu’il y avait des perquisitions, on ne trouvait plus rien : les disques durs avaient disparu.» Comme l’a signalé le Canard enchaîné, la juge s’est aussi plainte de l’inaction des services de police judiciaire, par un courrier au dossier d’instruction. Au parquet, on signale qu’elle n’a pourtant pas saisi un autre service enquêteur. «La politique de Patrick Devedjian, c’est la transparence de la gestion des deniers publics, assure Me Olivier Schnerb, nouvel avocat du département. Tout devra être jugé. C’est la mission que j’ai reçue.»

KARL LASKE

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