LA VERITE SUR LE TASER

Publié le par balkaland



http://www.raidh.org/-Taser-.html

Le Taser, une arme en mesure d’infliger une décharge électrique de 50.000 volts à une distance de 7 mètres est sur le point d’équiper 3.000 à 6.000 policiers français cette année.

Cette arme, présentée comme l’arme anti-bavure par excellence, va inoxérablement multiplier les violences policières, et faire encourir à tous les citoyens de notre pays un risque de traitement cruel, inhumain et dégradant, voire de torture.

En Mai 2006, RAIDH publie son rapport sur le Taser : « TASER, dernière gégène au pays des droits de l’Homme ? ». L’objectif de ce rapport est d’expliquer ce qu’est le Taser, soit un pistolet électrique paralysant à l’apparence inoffensive qui délivre une décharge électrique de 50 000 volts pendant au moins 5 secondes. Cette arme permet de viser à 7 mètres un individu et de l’immobiliser en « coupant la liaison » entre le cerveau et les muscles. Les muscles se contractent violemment et, comme le reconnaît lui-même le Directeur de Taser France, la décharge provoque « une douleur musculaire qui fait vraiment mal ».

La police française est dotée au compte-goutte de cette arme à la suite de l’appel d’offre lancé par le Ministère de l’intérieur à l’été 2006, remporté par l’entreprise Taser international. Elle suit l’exemple des polices américaines et canadiennes et ce, sans égard pour les risques que l’usage de cette arme par ses police ont révélés. Depuis 1999, 167 personnes sont décédées aux Etats-Unis et au Canada après avoir été électrocutées par un Taser. L’entreprise Taser elle-même reconnaît que cette arme peut provoquer un arrêt du cœur chez les personnes cardiaques. Des personnes sous l’emprise de l’alcool ou de drogues et des personnes sous traitement psychiatrique médicamenteux font aussi partie de ces victimes du Taser. L’usage du Taser présente donc un risque très important pour la santé et la vie des personnes. C’est ce que RAIDH veut souligner dans son rapport. RAIDH demande donc l’interdiction de la vente au public de Taser et la limitation de la dotation en Taser aux seules unités d’élite.

Sur ces demandes, nous avons connu un premier succès avec la classification en 4e catégorie du Taser (par un arrêté interministériel du 22 août 2006), le rendant interdit à la vente sans autorisation. Cette première victoire nous la devons beaucoup aux 15 parlementaires qui ont relayé nos préoccupations auprès du Ministre de l’intérieur par la voie de questions écrites. Cependant, beaucoup reste encore à faire puisque le Ministre ne s’est pas encore exprimé clairement sur son projet initial de doter les BAC, les gendarmes et les CRS de cette arme. Nous réitérons donc notre demande que ces membres de force de l’ordre en contact constant avec la population ne soient pas munis d’une arme dont l’utilisation peut avoir des conséquences mortelles tout en laissant penser qu’elle est inoffensive. Nous soulignons aussi que la dotation en Taser de toutes ces forces de l’ordre représente un coût de plus de 7 millions d’euros pour l’Etat ce qui ne nous semble pas justifier au vu du nombre d’armes dont disposent déjà notre police et notre gendarmerie.

Taser : le comité contre la torture de l’ONU reconnaît que l’arme peut constituer un instrument de torture

Dans ses conclusions et recommendations auprès de la Suisse, le Comité de l’ONU contre la torture reconnaît que "des pistolets neutralisants (du type Taser) ... peuvent parfois être utilisés comme instruments de torture"

Conclusions et recommandations du Comité contre la torture : Switzerland. 21/06/2005.

CAT/C/CR/34/CHE. (Concluding Observations/Comments)

Convention Abbreviation : CAT COMITÉ CONTRE LA TORTURE Trente-quatrième session 2-20 mai 2005

EXAMEN DES RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LES ÉTATS PARTIES EN APPLICATION DE L’ARTICLE 19 DE LA CONVENTION

Conclusions et recommandations du Comité contre la torture

Suisse

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