BALKANY CONDAMNE POUR INSULTES ENVERS UN ELU DE L'OPPOSITION

Publié le par balkaland

Article paru le 4 septembre 2003 

Le député et maire (UMP) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany a été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir injurié et diffamé une élue communiste à l’occasion du conseil municipal du 16 décembre 2002, consacré notamment à l’examen d’un rapport de la cour régionale des comptes dénonçant les dépenses du comité des fêtes de la ville. Reconnu " coupable de délit de diffamation et d’injure publique " envers Annie Mandois, " chargée d’un mandat public ", il devra verser une amende de 1 500 euros au titre de son préjudice moral et à 1 000 euros en application de l’article 475-1 du Code de procédure pénale. Il lui est également ordonné d’insérer dans le quotidien le Parisien des Hauts-de-Seine, le communiqué faisant état de cette condamnation.

Lors du conseil municipal, Patrick Balkany avait déclaré à l’élue qu’il fallait " la mettre en cage " en tant que " dernier spécimen vivant du Parti communiste ". Il l’avait aussi accusée d’avoir fait des dépenses " dans l’intérêt de son parti " et non dans celui des Levalloisiens. Le maire de Levallois-Perret n’avait pas hésité à calomnier professionnellement l’élue, en déclarant publiquement qu’elle avait appris aux jeunes Levalloisiens " à faire des faucilles et des marteaux avant d’apprendre l’alphabet russe " lorsqu’elle était institutrice. Patrick Balkany a toutefois été relaxé pour ces propos qui, selon le jugement, sont apparus " à ce point outranciers qu’ils n’ont pu être pris avec sérieux et de manière crédible par l’auditoire ".

Après le jugement, Annie Mandois a exprimé sa satisfaction : " Il y a un besoin urgent de retrouver dans notre ville et peut-être au-delà un peu de dignité ", a-t-elle dit. " Il y a des limites, on ne peut pas tout se permettre ", a-t-elle ajouté.

De leur côté, les communistes des Hauts-de-Seine se félicitent de ce jugement et estiment, dans une déclaration, qu’" il n’est pas acceptable qu’un homme ou une femme puisse subir injures, diffamations et outrages en raison de ses convictions politiques, philosophiques ou religieuses. Ces dérives, dont les femmes sont les premières victimes, ont été particulièrement condamnées par les citoyennes et les citoyens attachés au respect de la dignité humaine, à la tolérance et au pluralisme d’idées ". Le PCF rappelle que plus " de 600 personnalités des Hauts-de-Seine se sont associées à l’appel " Assez de populisme ". À l’heure où dans notre pays les idées d’extrême droite sont quotidiennement " recyclées " par la droite au pouvoir, l’action contre le populisme et pour une politique respectueuse des personnes humaines est plus nécessaire que jamais ".

St. S.

Commenter cet article