Article de denis touret

Publié le par balkaland

Source: http://www.denistouret.net/constit/Prime_casserole.html

Patrick Balkany

10 février 2008 : Soutenu par Henri Leconte aux municipales de 2008
22 septembre 2002 : Soutenu par Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany est brillamment élu au premier tour, à Levallois-Perret
21 septembre 2002 : Jamais deux sans trois ?

Tout le monde lui dit merci

Juillet 2002 : Balkany n'est plus maire
16 juin 2002 : Patrick Balkany élu député, contre le candidat chiraquien officiel, avec près de 35% des voix
17 octobre 2001 : Annulation de l'élection de Patrick Balkany
Son élection est contestée par le Préfet, pour inéligibilité, devant le tribunal administratif.
11 mars 2001, premier tour des municipales, M. Patrick Balkany obtient 35% des suffrages.
Il est réélu au deuxième tour.

-------

Patrick Balkany entend prendre sa revanche à Levallois-Perret *
- A 53 ans, Patrick Balkany, longtemps englué dans les "affaires", revient en politique en tentant de reconquérir la mairie de Levallois-Perret, qu'il a dirigée pendant 12 ans avant de la perdre en 1995 au bénéfice du RPR Olivier de Chazeaux.

 

Dans sa permanence électorale, située dans le centre de cette ville de 56.000 habitants, les murs sont tapissés d'affiches datant du début des années 1990, le montrant au temps de sa splendeur.

S'il s'est depuis un peu empâté, l'ancien député et conseiller général, ex-membre du bureau politique du RPR, ex-président du puissant OPHLM des Hauts-de-Seine, n'a rien perdu de son mordant. "Il est battu, presque à terre", dit-il à propos du maire sortant.

Condamné à 15 mois de prison avec sursis et 2 ans d'inéligibilité en 1997 pour avoir employé des agents de la mairie dans ses résidences privées, Patrick Balkany a désormais purgé sa peine. Il a par ailleurs bénéficié d'un non-lieu dans une affaire de détournement de fonds publics, mais demeure sous le coup d'une mise en examen dans le dossier des HLM des Hauts-de-Seine, pour "trafic d'influence".

"Les affaires ? Personne ne m'en parle ! Ce qui préoccupe les électeurs c'est la propreté, la sécurité, les crèches pour leurs enfants", assure l'ancien élu, aujourd'hui sans étiquette. Son credo: "Le maire n'a rien fait, cette ville est mal gérée". Il le martèle inlassablement dans les réunions de quartier, sur les marchés, dans ses tracts électoraux.

Sondage favorable
Et ça marche: selon un sondage BVA commandé en décembre dernier par l'un de ses adversaires, la liste de Patrick Balkany - sur laquelle figure en deuxième position son épouse Isabelle, également candidate (RPF) à sa propre succession aux cantonales - arrive en tête des intentions de vote à droite au premier tour, largement devant la liste d'Olivier de Chazeaux.

De son côté, le jeune député-maire en exercice - il aura 40 ans entre les deux tours - n'a pas de mots assez durs pour parler de son prédécesseur. "Evidemment, quand on tape dans le dos des gens ça marche. Moi je fais de la politique au sens noble du terme", dit-il depuis son bureau de l'hôtel de ville.

"Avec lui (M.Balkany), c'était verroterie et paillettes. Mais il faut savoir que ce personnage n'a pas changé. Il continue de mentir en disant qu'il n'est préoccupé que par le sort des Levalloisiens, alors que son seul projet est d'être un promoteur public", déclare M. de Chazeaux.

Fort de l'investiture du RPR, de l'UDF et de DL - le RPF ne soutient officiellement aucun candidat pour les municipales - le maire défend bec et ongles son bilan. "On a retrouvé la quiétude d'une belle ville, loin de l'urbanisme effréné et des dépenses somptuaires qu'elle a connues", dit-il.

Reste que pour lui la partie s'annonce serrée. En plus de Patrick Balkany, il devra affronter à droite l'un de ses anciens adjoints, Arnaud de Courson (DVD), tandis que la gauche se présente unie (PS, PC, Verts, Radicaux et MDC) derrière la première secrétaire fédérale du PS, Elisabeth Gourevitch, qui mène une campagne extrêmement active.

S'il était élu, Patrick Balkany aurait toutefois à affronter un nouvel obstacle juridique. Déclaré "comptable de fait" de la commune par la Cour des comptes, il ne peut pour le moment pas siéger au conseil municipal, même s'il a le droit d'être candidat. "Nous verrons ça après le scrutin, devant le juge de l'élection. Et ça prendra du temps", dit-il, serein.
* Par Raphaël HERMANO, LEVALLOIS-PERRET (Hauts-de-Seine), 1er fév. 2001 (AFP)

----------

Le 11 mars 2001, premier tour des municipales, M. Patrick Balkany obtient 35% des suffrages.

------

Annulation de l'élection de Patrick Balkany à Levallois-Perret *

Le scrutin municipal qui avait conduit en mars à l'élection de Patrick Balkany (DVD) à la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) a été annulé, mercredi 17 octobre, par le tribunal administratif de Paris. Me Grégoire Lafarge, avocat de M. Balkany, absent à l'énoncé du jugement, a annoncé à la sortie du tribunal qu'il allait faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat. Cet appel sera suspensif, a-t-il précisé.

Le tribunal administratif avait été saisi par le préfet des Hauts-de-Seine, qui estimait que M. Balkany était inéligible pour avoir jadis bénéficié de manière irrégulière des deniers communaux. L'élu avait en effet été déclaré "comptable de fait" de la commune par un arrêt de la Cour des comptes du 26 octobre 2000. Or, selon le code électoral, "ne peuvent être élus conseillers municipaux (...) les comptables des deniers communaux".

Lors de l'audience, le 3 octobre, la commissaire du gouvernement (magistrat des juridictions administratives dont l'avis est en général suivi par le tribunal), Françoise Barnaba, avait demandé la confirmation de l'inéligibilité de M. Balkany. Elle avait ensuite estimé que le fait d'avoir maintenu sa candidature en dépit de la décision de la Cour des comptes et d'avoir fait figurer son épouse en second sur sa liste constituait de la part de l'élu "une manœuvre indiscutable, manifeste et grossière", qui devait se traduire par "une annulation pure et simple de l'élection municipale".
* Avec AFP, LEMONDE.FR | 17.10.01 | 16h04

------

25 octobre 2001 : Balkany, tout le monde lui dit merci *
Réélu en mars malgré ses ennuis judiciaires, déclaré inéligible, le maire de Levallois en rajoute dans le clientélisme.

Dans son jugement du 17 octobre, le tribunal administratif de Paris constate non seulement que Patrick Balkany est «inéligible», mais également que le simple fait de se présenter «a constitué une manœuvre» qui a «altéré la sincérité du scrutin». Patrick Balkany a un mois pour former un recours devant le Conseil d'Etat. Ce qu'il ne manquera pas de faire. Or, la haute juridiction s'interdit de rendre tout jugement à compter de janvier «pour ne pas interférer avec les scrutins législatifs et présidentiel». En conséquence, on estime, place du Palais-Royal, que le jugement concernant l'affaire Balkany «ne pourra être rendu avant le 15 juin 2002». D.H.

Ces jours-ci, la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) restaure son système d'arrosage. Rien à voir avec du clientélisme politique. Tout juste une histoire de pelouse et de goutte-à-goutte. Pourtant, Patrick Balkany et son épouse, Isabelle, respectivement maire et premier adjoint, «arrosent» bien, et en continu, les 50 000 Levalloisiens. Depuis qu'ils ont été réélus (1), en mars, ils font ce qu'ils ont toujours fait: «On se vend et on vend notre ville», avouent-ils en chœur. D'autant plus qu'ils savaient pertinemment, en reprenant la mairie au RPR Olivier de Chazeaux, que le maire serait déclaré, à court terme, inéligible. C'est chose faite depuis le 17 octobre. Le tribunal administratif l'a jugé «comptable de fait des deniers de la commune». Dans ce cas, il «ne peut être élu conseiller municipal dans les communes situées dans le ressort où il exerce», précise le code électoral (lire ci-dessous). D'appel en recours, Patrick Balkany peut espérer demeurer maire jusqu'au printemps. Au pire jusqu'en septembre. Quoi qu'il advienne, «il aura toujours son bureau en mairie, assure son épouse. Même s'il n'est plus maire administrativement, il le restera de fait...».

«En famille».
Les électeurs des Balkany, comme ses adversaires, en sont persuadés: «Monsieur ou madame, c'est pareil, ça reste en famille», témoigne Nicole, la soixantaine BCBG. Accompagnée de Poupy, son saucisson à pattes, cette ancienne gestionnaire en immobilier, constate qu'en six mois, «monsieur Patrick a repris les choses en main. Avant il y avait beaucoup de pitbulls et - il faut bien le dire - beaucoup d'étrangers. Et puis, du temps de l'ancien maire, les motos-crottes ne passaient pas. Personnellement, je ramasse... mais tout de même». Anna, trentenaire pimpante, sort du marché Henri-Barbusse, au centre-ville. Après les courses avec Victoria qui roupille dans la poussette, elle file chercher Christian-Frédéric à la maternelle. «C'est vraiment mieux à l'école. Pour la cantine, les activités périscolaires, nous avons une carte avec un code-barres. Inutile d'aller en mairie, à chaque fois, redire quels sont nos revenus, remplir des tas de formulaires. Et puis, question sécurité, je me sens plus tranquille: on voit plus les policiers municipaux. Une fois arrivés en mairie, monsieur et madame Balkany s'y sont mis tout de suite.» «C'est vrai, Balkany a une classe formidable», siffle Léon, le vendeur d'aspirateurs qui, pourtant,«n'a pas voté pour lui. C'est un commerçant. Faut le reconnaître: de Chazeaux, lui, aurait fait un mauvais camelot».

Pour leur commerce électoral, les Balkany n'oublient personne. Surtout pas leurs adversaires. L'ancien responsable des sports est devenu directeur de cabinet. L'ex-chef de cabinet d'Olivier de Chazeaux a gardé son poste. Quant à un colistier de la municipalité sortante, il a été recasé comme chargé de mission dans une association paramunicipale, Levallois-Jeunesse. Salaire mensuel sur treize mois et demi de cet expert-comptable: 46 700 francs bruts (7 119 euros). Un niveau sans commune mesure avec les appointements pratiqués dans le milieu associatif...

Colis.
Les électeurs aussi sont servis. Le troisième âge, par exemple. De Chazeaux avait supprimé une habitude ancestrale, instaurée par les communistes lorsqu'ils «tenaient» la ville, avant 1983. Les personnes âgées avaient droit à deux «colis» l'an: un pour la Noël, l'autre pour le 14 Juillet. L'ex-maire RPR a aboli la distribution du second. En mars 2001, les Balkany se sont empressés de rétablir le petit cadeau de la fête nationale. Les commerçants aussi ont été soignés. Ils se plaignaient que leurs clients ne pouvaient stationner près du marché sans ramasser un PV. D'où moins de clients, donc moins de recettes et plus de mécontents. Sitôt revenu en mairie, le couple Balkany a ordonné à ses policiers municipaux d'arrêter de verbaliser. Enfin, un effort, semble-t-il, a été fait pour l'entretien de la ville: de nouvelles machines de nettoyage ont été achetées.

Service après-vente.
«La ville n'est pas forcément plus propre, nuance Elisabeth Gourevitch, l'opposante socialiste aux Balkany. Mais, à force de dire qu'elle l'est, elle le devient. C'est pareil avec la modernisation de la piscine: c'était un point fort de notre programme. Ils ont compris que c'était une bonne idée et l'ont reprise à leur compte... Les Balkany sont de formidables communicants.» Ce que ne semblait pas être Olivier de Chazeaux. Le jeune séguiniste avait cru trouver un créneau: faire de l'anti-Balkany. Mal lui en prit. «C'était peut-être plus honnête, raille un de ses anciens supporters passé à l'ennemi, mais pas plus efficace.» Le député n'a pas renoncé. Il se dit «prêt», en cas de nouvelles élections. Il a déjà «recensé les erreurs, les errements, les dérives» de l'actuelle municipalité.

Il aura fort à faire. La méthode Balkany est parfaitement au point. Dans le couple, les tâches sont partagées. Isabelle s'occupe des dossiers, Patrick de la représentation. Elle de la fabrication, lui du service après-vente. Deux fois par semaine, il arpente «sa» ville. Serrer des pognes, balancer un sourire aguicheur et surtout voir «ce qui déconne, la plaque d'égout, le caniveau, n'importe quoi». Puis «gueuler» auprès des services municipaux pour que les réparations interviennent. Une méthode qui a ses limites. Surtout lorsqu'elle échoue au commissariat de police de la ville. Le 15 juin, Patrick Balkany déboule «à 22 h 20» chez les policiers. Le maire croit savoir que «le commissariat était pris d'assaut par de nombreux jeunes». Il n'en est rien. Et le policier de faction de notifier à ses supérieurs: «M. Balkany avait le visage rouge, criait fort et sentait l'alcool. Afin d'apaiser la situation, ne l'avons pas gardé au poste de dégrisement...». Si en plus la victoire le grise....
* Par DIDIER HASSOUX, Libération, 25 àctobre 2001, p. 17
(1) Patrick Balkany a entamé en mars son troisième mandat de maire. Il avait été élu de 1983 à 1995 avant de connaître des déboires judiciaires.

----

Législatives de 2002 : Patrick Balkany, le paria (et la revanche)

LA CAMPAGNE aura été dure jusqu'au bout et, avec 617 voix d'avance, Balkany revient finalement à l'Assemblée nationale.
Affiches arrachées, permanences taguées, une véritable guerre de tranchées a eu lieu dans les rues de Levallois entre les deux frères ennemis, Patrick Balkany, l'actuel maire ex-RPR, et Olivier de Chazeaux, l'ancien maire RPR aujourd'hui UMP.
Pourtant arrivé en tête au premier tour, de 119 voix, Patrick Balkany, exclu du mouvement gaulliste pour cause de condamnations judiciaires, a bien cru qu'il allait être rappelé dans son ancienne famille.
Mais le retour de son ami Didier Schuller, mis en examen à ses côtés dans l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine, a donné des arguments à ses nombreux adversaires.
Malgré le soutien discret de Sarkozy, Balkany n'est pas parvenu à obtenir le départ de son rival de Chazeaux, qui a été soutenu par deux ministres du gouvernement Raffarin.
Résultat, Balkany est le seul candidat divers droite arrivé en tête au premier tour à ne pas avoir bénéficié de l'investiture UMP.
Sa victoire, avec 34,47 % des voix, contre 32,72 % à son rival, a des allures de revanche.
Le Parisien, lundi 17 juin 2002, p. 13

-----

Balkany n'est plus maire

LA TUMULTEUSE histoire politique de Patrick Balkany s'est enrichie hier (29 juillet 2002) d'une nouvelle péripétie : l'annulation par le Conseil d'Etat de son élection du 18 mars 2001 à la mairie de Levallois-Perret. Motif de la décision ? A l'époque du scrutin, il était inéligible. Le Conseil d'Etat a donc confirmé en appel le jugement du tribunal administratif qui, en première instance le 17 octobre 2001, avait ordonné l'annulation de l'élection.

« Victoire de la morale »

En fait, pour comprendre la décision d'hier, il faut remonter à 1997 et à la condamnation de Balkany par la cour d'appel de Versailles dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Levallois. Condamné pénalement, ce dernier avait aussi été reconnu par la chambre régionale des comptes « comptable de fait des deniers de la commune », ce qui juridiquement l'empêchait d'être élu. Mais aujourd'hui, la loi a changé. Depuis le 21 décembre 2001, les personnes reconnues comptables de fait ne sont plus automatiquement inéligibles. Résultat : Balkany qui, en juin, a reconquis son siège à l'Assemblée est prêt à repartir à l'assaut de l'hôtel de ville. « Annuler les élections, c'est faire fi de la démocratie et du suffrage universel », tempête l'homme fort de la ville depuis sa première élection à la mairie en 1983. Pour autant, le scrutin qui se profile à l'automne ne l'effraie guère. « En général, dans un tel cas de figure, la liste qui l'avait emporté est reconduite et réalise même un score encore meilleur », estime-t-il, confiant mais furieux contre le Conseil d'Etat.
Du côté du Parti socialiste et de sa principale opposante Elisabeth Gourevitch, le discours est évidemment tout autre. « C'est une grande victoire du droit et de la morale », se réjouit celle dont le recours a été validé. Mais la victoire juridique aura du mal à se transformer en une victoire politique tant Patrick Balkany semble bien implanté dans sa ville.
Battu coup sur coup aux municipales et aux législatives, Olivier de Chazeaux réserve, quant à lui, sa décision. Sera-t-il candidat à nouveau ? Mystère. « L'arrêt du Conseil d'Etat est une sanction forte du comportement déloyal de Patrick Balkany », se contente-t-il de dire.
Timothée Boutry, Le Parisien, mardi 30 juillet 2002, p. 4

21 septembre 2002 : Balkany à Levallois : jamais deux sans trois
Invalidé, il part favori pour les municipales de dimanche.

Sur le marché Henri-Barbusse de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les passants qui tentent de se frayer un chemin parmi des militants survoltés ne prêtent même plus attention aux volées d'insultes qui s'échangent. Et pourtant, ce matin-là, c'est la guerre. Arborant fièrement leur tee-shirt bleu et blanc «Je vote Balkany», une quarantaine de militants s'époumonent pour soutenir le maire sortant (divers droite). Lequel salue l'arrivée de son challenger de droite, Olivier de Précigout, d'un «salut les travelos» très accueillant.

Embarqués dans ce face-à-face théâtral, les «travelos» en question ­ en fait, une trentaine de militants de bonne famille ­ ne se démontent pas. Revêtus de leur tee-shirt jaune «L'union pour Levallois» et armés de leurs pancartes à l'effigie de leur leader, ils occupent le terrain : «Cette fois, lance Précigout à ses acolytes, on ne lâche rien.» Alors, les militants bombardent le «clan» Balkany d'invectives : «Voleur, crapule, il faut libérer Levallois.» Il en faut plus pour faire reculer Isabelle Balkany, très crédible en Xavière Tiberi locale : «Après de Chazeaux, voilà de Précigout et de Courson. Vous êtes les précieuses ridicules, retournez à la cour de Versailles !» Pendant que Précigout rétorque timidement : «On ne choisit pas son nom», l'épouse du sortant prend dans ses bras une petite fille noire et s'exclame : «C'est la vie des gamines comme ça qui m'intéresse. C'est pour elles qu'on fait de la politique.» «Populistes !» répond Précigout. «Racistes ! Xénophobes !» s'énerve Isabelle Balkany. En retrait, debout sur un banc, Elizabeth Gourévitch, la tête de liste (PS) de gauche, assiste aux débats. En spectatrice. «C'est ça, la politique ? Ils sont tous de la même famille et c'est le cirque.»

«Croisade.»
Scène de vie ordinaire à Levallois-Perret, où le premier tour de l'élection municipale se tient dimanche. Une partielle qui fait suite à l'annulation par le Conseil d'Etat du scrutin de 2001. Considéré comme «comptable de fait des deniers de la commune», suite à sa condamnation à quinze mois de prison avec sursis pour avoir employé, à titre privé, trois agents municipaux en 1997, Balkany, viré du RPR, était à l'époque inéligible.

Peu lui importe. Sûr que les Levalloisiens vont «confirmer le suffrage universel» en l'élisant «dès le premier tour», il fonce bille en tête dans cette «campagne inutile». Celui qu'Olivier de Chazeaux, maire de 1995 à 2001, appelle «le Jean-Marie Messier de la politique», veut être le petit père de Levallois : «J'aime que les Levalloisiens m'aiment.» «Ses» administrés, il les cajole, les touche, les caresse. Il embrasse les femmes, enlace les enfants et flatte tout ce qui détient une carte d'électeur. Un passant vient à sa rencontre : «Et pour mon logement ?» Balkany prend son nom. Plus loin, il croise trois jeunes filles : «Ah ! regardez comme c'est beau Levallois, vous êtes magnifiques.» Raté, les trois demoiselles s'enfuient en courant.

Face à ce «clientéliste exacerbé à l'extrême», Précigout mène «une croisade» pour rétablir «la démocratie à Levallois où l'opposition est muselée, harcelée et physiquement menacée». Il se plaint de l'équipe Balkany qui «a enduit les panneaux électoraux de cire d'abeille pour que nos affiches ne collent pas» et veut croire en ses chances : «Balkany a peur de nous.» Méthode Coué pour une opposition habituée à se partager les miettes. Discutant ensemble, à la marge d'un marché, Précigout et Gourévitch reconnaissent même qu'au premier tour ils se battent pour la deuxième place... en attendant un hypothétique second tour.

Car, depuis qu'il a pris la mairie aux communistes en 1983, c'est la cinquième fois que Balkany se lance à l'assaut de Levallois. Et il n'a échoué qu'une fois. En 1995 sur fond d'affaires, Olivier de Chazeaux lui ravit la place. Pas pour longtemps : Balkany prend sa revanche aux municipales en 2001 et aux législatives en 2002. Cette fois, Chazeaux a décidé de ne pas se présenter. Il compare la situation «à l'impasse politique qu'a connue De Gaulle en 1947» et se voit déjà en héros «d'un 13 mai 1958 à la sauce levalloisienne» en étant «le principal artisan de la refondation à Levallois». Belle profession de foi, mais la vérité est ailleurs : depuis plusieurs jours, Chazeaux rencontre les dirigeants de l'UMP pour être investi dans la 3e circonscription des Yvelines, où l'UDF Anne-Marie Idrac vient d'abandonner son siège pour prendre la présidence de la RATP.


«Résistants.» Pour sortir du tête à tête qui oppose Balkany et Précigout, Elizabeth Gourévitch se pose en seule alternative au système en place : «Le passage de la droite anti-Balkany à la mairie de 1995 à 2001 n'a pas changé grand-chose.» Sur les marchés, ses partisans distribuent «des tracts antidotes» et se réconfortent en accueillant le Vert Noël Mamère ou Arnaud Montebourg, député PS. Le premier est un peu résigné : «Les Français disent que tous les politiques sont pourris, mais quand un pourri se présente, ils l'élisent.» Le second, plus combatif, est venu pour «soutenir les résistants, parce qu'ils sont peu soutenus au sein d'un PS qui investit Mellick et accueille Dumas».

«Retour de l'île d'Elbe.»
Balkany aussi est fier de ses soutiens. Fumant un havane, installé au fond de sa permanence à côté d'une photo de Chirac serrant la main de Pasqua, il aime à rappeler qu'il compte chez lui un célèbre Levalloisien, le père du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Surtout, il ne cache pas sa joie en lisant l'avis à la population envoyé par Joëlle Ceccaldi, députée de Neuilly et suppléante de Sarkozy. Une ode à Balkany : «Son retour à la mairie sera aussi triomphal que le retour de l'île d'Elbe. (...) Seul, il peut sauver Levallois de la régression. Seul, il peut écarter l'orage qui menace la ville. Balkany appartient à ce petit cercle des hommes d'exception.» En face, Précigout est bien seul. Il n'a pas reçu l'investiture de l'UMP et aucune personnalité de droite n'a répondu favorablement à ses invitations. Pour Gilles Catoire, maire PS de la commune voisine de Clichy, tout ça n'a pas d'importance, «de toute façon, Balkany sera élu».
Libération, Par Stéphane JOURDAIN, samedi 21 septembre 2002

------

Patrick Balkany élu au premier tour

Patrick Balkany ne s'en cachait pas la semaine dernière : c'est une réélection dès le premier tour qu'il visait à Levallois-Perret, à l'occasion de cette élection municipale partielle consécutive à l'annulation du scrutin de 2001 par le Conseil d'Etat. Pari réussi ! Redevenir, sans contestation cette fois, maire de la ville, au cours du week-end qui a vu la constitution de l'UMP, va lui permettre de regagner auprès de l'état-major chiraquien les galons perdus sans gloire entre 1995 et 2000. Sa réintégration, jusqu'à présent en butte à l'hostilité de quelques poids lourds du défunt RPR, tel le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, n'est désormais plus qu'une formalité. D'autant plus qu'elle a été précédée par celle d'Alain Carignon, lui aussi écarté de la vie politique en raison de son passé judiciaire et de nouveau admis dans les structures de l'UMP départementale de l'Isère, grâce au soutien du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.

Un Nicolas Sarkozy dont le nom a été souvent utilisé au cours de la campagne par Patrick Balkany, comme sésame de son retour en grâce dans les premiers cercles du pouvoir. Il n'a pas pu échapper aux électeurs de Levallois-Perret que les parents du ministre de l'Intérieur, Levalloisiens de longue date, avaient donné procuration au couple Balkany pour ce premier tour auquel ils ne pouvaient participer. Les Balkany, le maire Patrick et son épouse et première adjointe Isabelle, le racontaient à la moindre occasion, sans jamais être démentis.

Face au maire invalidé en raison de sa situation de « comptable de fait » de la commune au moment des élections de mars 2001, Olivier de Précigout et Arnaud de Courson ont proposé aux Levalloisiens de donner à la ville « un coup d'hygiène politique ». Sans guère de résonnance dans un électorat aux aspirations contradictoires, à la fois prompt à s'indigner du manque de rigueur de la gent politique vis-à-vis de l'argent, mais n'hésitant pas à réélire, lorsqu'il s'agit de leur commune, les élus sanctionnés par la justice en raison de pratiques douteuses par le passé.

A cet égard, la réélection haut la main, dès le premier tour la semaine dernière à Béthune, de l'ancien maire socialiste Jack Mellick – un temps écarté de la vie politique en raison de son implication judiciaire dans l'affaire OM-VA – était de bon augure pour Patrick Balkany. A l'évidence, ses électeurs lui ont pardonné sa condamnation, en 1997, à 15 mois de prison avec sursis pour avoir employé à titre privé trois agents de la mairie –, condamnation à l'origine de son inéligibilité constatée, a posteriori, par le Conseil d'Etat.

Le pari des anciens adjoints de l'éphémère Olivier de Chazeaux, maire RPR de 1995 à 2001, était de mobiliser sur leur nom les électeurs de droite non balkanistes. « C'est un échec au regard du taux d'abstention, qui est de 47 % contre 30 % au second tour de 2001 », reconnaît l'UDF Arnaud de Courson. Patrick Balkany a fait le plein de ses voix de 2001, mais pas plus. Rapporté au faible nombre de votants, son score lui assure une confortable victoire (53,68 %) face à Olivier de Précigout (27,57 %) et à la candidate socialiste, Elisabeth Gourévitch (18,57 %).

Aucune des listes de droite n'avait obtenu l'investiture de l'UMP. Patrick Balkany n'avait rien à gagner à la demander : il aurait ravivé l'hostilité qu'inspire encore sa personnalité dans certains cercles chiraquiens. Olivier de Précigout et Arnaud de Courson l'ont sollicitée sans succès, attribuant à Nicolas Sarkozy, encore lui, la « frilosité » de ce parti en gestation, soucieux par ailleurs de ne pas entacher son acte de naissance par une défaite électorale : Patrick Balkany était en effet donné largement favori.
lefigaro.fr, Pascale Sauvage, [23 septembre 2002]

-------

Municipales 2008 A Levallois, Henri Leconte roule pour Balkany
Olivier Beaumont dimanche 10 février 2008, 11h22 | leparisien.fr

Henri Leconte bat la campagne des municipales !
Après une carrière de sportif plutôt bien remplie, celui qui fut n°5 mondial en 1986 a remisé sa raquette pour s'engager sur un autre terrain : celui de la politique.

 

Candidat sur la liste de son "ami Patrick Balkany", le maire UMP de Levallois-Perret, Henri Leconte assume ce nouveau challenge.

------

 

Commenter cet article